Du ventre de la terre aux fusées...

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Du ventre de la terre aux fusées...

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par Géraldine Oualid
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La Terrasse espace d’art, belle salle d’exposition municipale de Nanterre, accueille du 15 février au 25 mai l’exposition Ventre de Raphaël Dallaporta. Il s’agit d’une invitation à tisser des liens poétiques entre les fragments préhistoriques et l’héritage technologique qui projette l’homme en dehors du "berceau de la Terre".

Kosmos, 26/02/2016/, tirage argentique, 80*100cm, © Raphaël Dallaporta

Pour cette exposition, Raphaël Dallaporta présente un ensemble de fragments, de relevés, inspirés par les méthodes archéologiques, tout en accentuant les caractéristiques souterraines de l’espace d’art, semi-enterré, sous un toit terrasse couvert d’une pelouse, contigu à l’autoroute A14 et son fleuve incessant et bruyant de voitures. Ventre sert d’expérience nous invitant à ressentir le monde en mouvement. Nous pouvons confronter nos manières de vivre, dans notre monde animé de contradictions. Le public s’interroge aussi sur le lien entre les grottes préhistoriques ornées et les premiers pas de l’homme sur la Lune. L’exposition contient différents supports : photographies, vidéos, textes, sons, objets authentiques et répliques.

Raphaël Dallaporta a été très impressionné par sa descente dans la grotte ornée paléolithique de Chauvet et il montre des outils d’hommes préhistoriques. L’exposition se présente elle-même comme fragmentée, avec des morceaux d’histoire de la technologie. Des outils très anciens y côtoient des technologies beaucoup plus modernes : des silex à la conquête spatiale en passant par la Seconde Guerre mondiale. Cela pousse à réfléchir au rapport de l’humain à la technologie, à faire le parallèle entre la taille du silex qui n’a pas beaucoup bougé en plusieurs millénaires et les avancées du XXe siècle où le progrès s’est accéléré.

Dallaporta choisit de filmer les images d’archives qui montrent les essais de missiles projetées sur la paroi d’une cavité souterraine, car les nazis les ont développés dans des grottes. Un sifflement assourdissant nous transperce. On peut s’interroger sur l’intérêt de faire se répéter plusieurs minutes de suite une vidéo qui dure une trentaine de secondes.

Le photographe choisit le noir et blanc pour faire douter de la datation des images, tout en accentuant leur contraste. Il y a aussi un jeu avec les images car une caméra filme la salle d’exposition ce qui crée un intéressant effet miroir. Le perpétuel mouvement produit un effet de mise en abîme. Le visiteur se voit sur la vidéo : jeu de reflets, de regard, d’un point de vue différent de celui de l’observateur.

P-7 Test Stand VII, 2014, vidéo, 6 min.
Musique Éric Cordier © Raphaël Dallaporta

Le recrutement de l’ingénieur allemand Wernher von Braun par la Nasa illustre un retournement de situation. Von Braun qui travaillait pour le régime nazi, décide de rejoindre l’Amérique triomphante de la Seconde Guerre Mondiale. À chacun de se faire son idée sur le destin de cet homme qui a collaboré pour les nazis et s’est révélé important pour la conquête spatiale. On peut se demander s’il faut absolument collaborer avec des scientifiques qui ont participé aux pires atrocités. Peut-on faire abstraction du mal fait au nom de la science ? Faut-il s’en servir comme d’un moyen pour la faire avancer ? Évidemment, les déportés et leur familles n’acceptent pas que cet homme n’ait jamais été condamné pour les crimes auxquels il a participé, et qu’au contraire il ait obtenu la gloire et la nationalité américaine. Le film Docteur Folamour de Stanley Kubrick dresse une satire de Von Braun à travers le personnage de Folamour qui a rejoint les États-Unis après avoir quitté le régime nazi.

Cette exposition fait réfléchir. Certains n’apprécieront pas le choix d’absence de texte au côté des œuvres pour laisser la place aux images. Mais un petit livret contenant toutes les informations utiles est remis à l’entrée. Cette exposition insiste sur la recherche comme le font les archéologues, pour laisser la place à l’imagination. Autant de matériaux propices à nourrir la réflexion du visiteur sur l’état du monde. On s’interroge longtemps après cette exposition qui suscite des sentiments contradictoires.

Géraldine Oualid

Du vendredi 15 février
au samedi 25 mai 2019
entrée libre
Horaires d’ouverture : du mardi au vendredi : de 12h à 18h et le samedi de 15h à 18h
Et sur rendez-vous
(fermé les jours fériés).
La Terrasse espace d’art de Nanterre 57 boulevard de Pesaro 92000 Nanterre
RER A Nanterre-Préfecture, sorties 2 (Préfecture) et 3 (boulevard de Pesaro)
Bus 163, 160 et 259 Accessible aux personnes à mobilité réduite
01 41 37 62 67 www.nanterre.fr



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