ARTISTES, CITOYEN.NES PARMI LES CITOYEN.NES…

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ARTISTES, CITOYEN.NES PARMI LES CITOYEN.NES…

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Cet appel, initié par l’artiste Victoria Klotz, « est né au lendemain d’un nouvel an passé sur un campement Gilets Jaunes (à Capvern dans le 65). Et de presque deux mois de lutte sur le terrain. Le premier jet était un texte de combat, appelant les artistes à prendre leur part dans ces grands questionnements en cours. Ont contribué à l’écrire et à l’amender : l’historien Pierre Paliard (pour ses éclairages prospectifs sur l’urgence écologique, la nécessité de démocratie locale, le rôle des artistes). Et aussi les artistes amis : Léa le Bricomte, Marie Ducaté, Karim Ghelloussi, Alice Mulliez, Loïc Ploteau, Sophie Marty Edward, Katerine Louineau, Erik Samakh. Et Pascal Pique, commissaire d’exposition. Cette tribune a récolté plus de 300 signatures d’artistes et acteurs de la culture, si vous souhaitez la signer à votre tour... Merci à tous de votre participation ! »

La fin d’année 2018 a vu émerger un mouvement social qui est bien plus qu’une lutte de résistance. Excédée par la montée des inégalités depuis les années 80 et la condescendance de la classe politique, une partie de la population française est descendue dans la rue. Ceci s’est fait sans la médiation des syndicats, ni des partis politiques. Dans la France dite périphérique, cela a débuté et pris la forme d’une occupation du territoire sur les ronds-points et péages. Cela s’est doublé de
manifestations atypiques dans les petites et grandes villes du pays sur un rythme hebdomadaire. Deux mois après le commencement, les groupes « gilets jaunes » se structurent localement, organisent des assemblées générales et des groupes de travail pour réfléchir et agir collectivement.

L’année 2019 commence et nombre de citoyennes et citoyens phosphorent le monde de demain. Sur les réseaux sociaux, dans les associations, dans les réunions des comités de lutte et syndicats.

Nombre de personnes engagées politiquement ont rejoint les cortèges afin de réaliser une convergence des luttes. Seuls chez soi devant leur télévision les gens s’interrogent, doutent, soutiennent ou condamnent. La classe politique en est déboussolée. Devin serait celui qui pourrait dire ce qu’il va advenir de tout cela !
Dans cette immense oeuvre participative et combative imaginée par la population elle-même, des artistes et des auteurs phosphorent au diapason. Simultanément des silences gênés — parfois même des condamnations morales — émergent des milieux culturels. Il y a effectivement une juste inquiétude à avoir lorsqu’une révolte non partisane agrège de l’extrême gauche à l’extrême droite avec un cœur abstentionniste. Toute révolte populaire tend à attiser des volontés
d’instrumentalisation et à réveiller de sombres manipulateurs totalitaires, celle-ci ne fait pas exception. Ce mouvement social appelle certes notre vigilance mais aussi notre solidarité.

Nous savons en tant qu’artistes et auteurs, combien il est essentiel de « payer le loyer » ou d’avoir « une chambre à soi » pour œuvrer au quotidien. Nous passons nos vies à tenter de résoudre cette équation entre contingences matérielles et épanouissement de l’esprit. Nous sommes comme tout un chacun, concernés par des choix politiques qui dégradent le cadre de vie sociale et favorisent la précarité.
Etant donnés les désastres que le néolibéralisme inflige à la nature et ses habitants, il est logique que la population finisse par se retourner contre lui. Dans les listes de revendications qui circulent, il est question de la lutte contre la fraude fiscale, de la renationalisation des services publics, du rétablissement de l’ISF, de l’encadrement des hauts salaires… Parions sur l’orientation progressiste de ce mouvement social !

Le mouvement des Gilets Jaunes n’est que la première manifestation des tensions sociales qui vont accompagner la transition écologique : l’augmentation des prix des carburants est le premier acte d’une pièce dont le scénario va s’écrire maintenant à toute vitesse. Dans un avenir que les experts disent proche, la question climatique et ses désordres, la question des ressources énergétiques, la transformation accélérée des usages des territoires vont exiger des réponses originales. Ce n’est qu’en reprenant en main de manière collective, dans un esprit de partage démocratique, la gestion des territoires que nous pourrons préserver la biodiversité et un mode de vie pacifique. Dans le cadre de la politique libérale actuelle, cette transformation se fera au mépris des intérêts de la population... Quand tout sera privé, nous serons privés de tout !

Dans ce contexte de déprise de l’Etat dans la sphère culturelle, du recul de "l’exception culturelle", de la montée du mécénat privé, de la financiarisation du marché de l’art, les artistes et la création sont fragilisés.

Nous artistes et collectifs d’artistes, commissaires d’exposition, auteurs et critiques
d’art, historiennes et historiens de l’art, médiatrices et médiateurs culturels, professeurs d’art faisons le vœu que l’État cesse son désengagement et sa logique de privatisation de la culture.

Nous sommes résolus à ce que l’art ne soit pas cantonné au rang de marchandise.
Nous sommes résolus à lutter contre l’enlisement de la société du spectacle. Nous sommes résolus à défendre la laïcité, à respecter les différences et lutter contre les discriminations.

Nous sommes résolus à déjouer l’effondrement qui vient, qu’il soit écologique, climatique, étatique.

Nous sommes résolus à cultiver la fragilité et redoubler d’attention au vivant. Nous sommes résolus à participer à cette nouvelle alliance avec le monde dont le véritable défi n’est pas tant celui de résister que celui d’inventer.

Nous sommes résolus à l’entraide et au trait d’union, pour inventer de nouvelles
solidarités transversales. Nous sommes résolus au combat d’une créativité partagée, pour prendre notre part dans la revitalisation de la démocratie.

La pétition à signer est ici



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1 commentaire(s)

Jocelyne REMOND 14 janvier 2019

Je suis une simple citoyenne amie d’artistes et mère d’une artiste....
Je les aime parce qu’ils
Ils n’entrent pas dans le moule,
d’un formatage lisse ou provocant,
d’une expression artistique unique et rentable...
Je découvre avec plaisir des œuvres d’artistes, peintres, plasticiens inconnus,
Des saltimbanques, en troupes, en cirque, en musique se donnant pour un public
enchanté conquis....
Heureux de partager les rires les pleurs les pensées ......

J’ai eu la chance d’avoir un tonton parrain antiquaire et ébéniste !
J’ai su et appris très tôt, que les belles choses n’ont pas de prix
Je ne les posséderais jamais !
Mais j’en aurais toujours la jouissance du regard
Cela m’a donné le gout d’admirer apprécier
Le connu et reconnu
l’inconnu à connaitre et reconnaitre
avec le même plaisir.....

Je ne voudrais pas que mes petits enfants soient privés
de ce plaisir des yeux , de tous les sens, avec le cœur et la pensée .....

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